Index
1 La chanson de Roland
2 Le roman de Tristan et Iseut
3 Le Roman de Perceval ou le conte du Graal
4 Le roman de la rose
5 François Villon
6 Francois Rabelais
7 La pléiade
8 Michel de Montaigne
9 René Descartes et le rationalisme
10 Pierre Corneille
11 Molière
12 Blaise Pascal
13 Jean Racine
14 Jean de la Fontaine
15 Nicolas Boileau
16 Madame de la Fayette
17 Marivaux
18 L'Abbé Prevost
19 Voltaire
20 Montesquieu
21 Denis Diderot
22 Jean-Jacques Rousseau
23 Beaumarchais
24 Chateaubriand
25 Benjamin Constant
26 Alphonse de Lamartine
27 Alfred de Vigny

5. François Villon

5.1. Ballade des Dames du Temps Jadis

¨
passé
Dites-moi où, en quel pays
Est Flora¨ , la belle Romaine,
déesse romaine des fleurs
Archipiades¨ , et Thaïs¨ ,
probablement Alcibiade; Réputée à Athènes pour sa beauté
Qui fut sa cousine germaine,
Écho¨ parlant quand bruit on mène¨
nymphe; fait du bruit
Sur la rivière ou sur l’étang,
Qui eut la beauté plus qu'humaine
Mais où sent les neiges d'antan¨ ?
du passé
Où est la sage Héloïs¨
Héloise avait une correspondance d'amour platonique avec Abélard
Pour qui fut châtré et puis moine¨
religieux
Pierre Abélard¨ à Saint Denis?
théologien chrétien
Pour son amour ce fut la peine¨
punition
Semblablement,¨ où est la reine
également
Qui commanda que Buridan¨
philosophe; instigateur du scepticisme religieux
Fit jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?
La reine Blanche comme lis¨
fleur blanche
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied,¨ Biétris¨ , Alis¨ ,
mère de Charlemagne; aimée de Dante; Aliénor d'Aquitaine
Harenburgis¨ qui tint le Maine,¨
Arembour, comtesse du Maine, morte en 1226; fut maîtresse du Maine
Et Jeanne¨ la bonne Lorraine
Jeanne d'Arc
Qu'anglais brûlèrent à Rouen,
Où sont-elles, Vierge souveraine?¨
la vierge Marie
Mais où sont les neiges d'antan?
Prince, ne cherchez cette semaine
Ou elles sont, ni de cet an,
Pour qu'à ce refrain vous vous tienne
Mais ou sent les neiges d'antan?

5.2. Le Testament

LXXV
Il me souvient¨ bien, Dieu merci,
je me rappelle
Que je fis alors en partant¨
en quittant Paris
Certains lais¨ l'an cinquante-six¨
poésies; en 1456
Qu'aucuns¨ sans mon consentement,¨
certain gens; permission
Voulurent nommer Testament;
Ce fut leur plaisir, non le mien.
Mais quoi? on dit communément¨
souvent
Qu'aucun n'est maître de son bien.
LXXXV
D'abord, je donne ma pauvre âme
À la très Sainte Trinité¨
Dieu en trois personnes
La recommande a Notre Dame,
Séjour de¨ la divinité¨
qui a porté; Dieu
Priant touts la charité¨
amour
Des dignes¨ neuf Ordres¨ des cieux
respectueux; hiérarcie des anges
Que par eux ce don soit porté
Devant le Trône précieux.¨
de Dieu
Ici se clôt¨ le testament
finit
Et finit du pauvre Villon.
Venez a son enterrement,
En entendant le carillon,
Vêtus¨ de rouge vermillon,
habillés
Il mourut en amour martyr.
Prince, fier comme émerillon,¨
oiseau de proie
Sachez ce qu'il fit au partir:
Il but bien du vin morillon¨
rouge sombre
Quand de ce monde il dut partir.

5.3. Ballade des Pendus

Frères humains qui après nous¨ vivez,
après notre mort
N'ayez les cœurs contre nous endurcis¨
sans pitié
Car, si pitié de nous pauvres avez
Dieu en aura plus tôt de vous merci¨
miséricorde
Vous nous voyez attaches a cinq, six:
Quant à la chair¨ que trop avons nourrie,¨
le corps; mangé
Elle est déjà dévorée¨ et pourrie
mangée
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
Que personne de notre mal se rie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre¨
pardonner nos péchés
Si nous vous nommons frères, n'en ayez
pas dédain¨ quoique¨ nous fussions occis¨
ne le rejetez pas; malgré le fait que; tués
Par Justice. Toutefois¨ vous savez
mais
Que tout homme n'a pas bon sens¨ rassis¨ ?
intéligence; sérieux
Excusez-nous, -car nous sommes transis-,
Envers¨ le fils de la Vierge Marie,
auprès de
Que sa grâce ne soit pour nous tarie¨
mis à sec, fini
Nous préservant¨ de l'infernale foudre.¨
conservant; feu de l'enfer
Nous sommes morts, qu'aucun ne nous charrie¨
que personne se ne moque de nous
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.
La pluie nous a lessivés¨ et lavés,
nettoyés
Et le soleil desséchés et noircis;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux excavés¨
creusés
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais, nul temps, nous ne sommes rassis;¨
calme
Puis ça, puis là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesse il nous charrie,¨
fait balancer
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez pas de notre confrérie¨
compagnie
Mais priez Dieu que tons nous veuille absoudre.
Prince Jésus, à qui tous est soumis,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie¨
fias que l'enfer ne nous domine pas
À lui n'ayons que faire ni que soudre.
Hommes, il n'y a pas de moquerie
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.